Claire dit vouloir ouvrir un café. Elle part de son goût pour le café, puis demande pourquoi cela compte. La réponse se déplace vers l’atmosphère des cafés, la création d’un lieu où les gens se rencontrent et le désir de favoriser les liens. L’objectif déclaré reste le même alors que le motif devient plus précis. L’exercice sépare des questions faciles à confondre. Que veut elle créer, et se fait elle confiance pour le poursuivre?

Le motif derrière l’objectif

Les influences extérieures et les croyances limitantes peuvent masquer ce qu’une personne veut. Le problème apparaît avant la planification. Une échéance précise ou un résultat mesurable ne répare pas un objectif dont le motif n’a jamais été examiné. Une personne peut énoncer exactement ce qu’elle compte atteindre tout en répondant mal à la question de savoir pourquoi ce résultat compte pour elle.

Les questions répétées sur le pourquoi poussent l’examen sous l’objet visible. Dans le cas de Claire, le café passe d’une idée d’entreprise au désir de créer des liens entre les personnes. Une fois ce motif nommé, l’objectif initial peut être examiné comme une manière possible de le servir. La précision devient alors plus exigeante. L’objectif doit dire ce qui est recherché, et sa pertinence doit rester cohérente avec le motif qui l’a fait naître.

Une aspiration façonnée par des attentes extérieures n’est pas automatiquement fausse. Cette influence donne simplement une raison supplémentaire d’examiner le motif avant de consacrer davantage de temps à la cible. Un objectif peut être exact sur le papier tout en restant mal choisi pour la personne qui y consacrera du temps.

Se faire confiance pour agir

La confiance en soi répond à un autre problème. Elle soutient la volonté de prendre des risques, de sortir d’une situation familière, d’affronter le doute et de continuer après une difficulté. Une personne qui se fait confiance pour assumer les conséquences dispose d’une base pour agir lorsque la certitude manque. Cette confiance concerne la personne qui doit agir.

L’objet de l’action demande encore un examen distinct. Une forte confiance en soi n’établit pas qu’un objectif particulier est personnellement désiré. Une personne peut se croire capable de réussir un objectif choisi sous une influence extérieure. Une autre peut tenir profondément à un objectif tout en doutant de pouvoir l’atteindre. La confiance et le désir peuvent évoluer séparément.

Les confondre déforme les deux jugements. Le doute peut être pris pour la preuve que l’objectif est mauvais. L’aisance à agir peut être prise pour la preuve que l’objectif est juste. Aucune de ces conclusions ne découle des questions auxquelles on répond. Le désir porte sur ce qui mérite d’être poursuivi. La confiance en soi porte sur la manière dont la personne se juge face à la difficulté.

La persistance après le choix

La confiance aide aussi une personne à continuer lorsque la peur, l’échec ou les obstacles apparaissent. Cette persistance est précieuse lorsque la difficulté est la principale raison de l’arrêt. Lorsque le motif de l’objectif n’a jamais été examiné, la même réponse comporte un risque. Une personne peut répondre au doute en augmentant ses efforts sans jamais revenir à la raison pour laquelle l’objectif a été choisi.

Réexaminer le motif n’exige pas d’affaiblir la confiance en soi. Une personne peut garder confiance dans sa manière d’apprendre, de décider, de se reprendre et d’agir tout en révisant l’objectif associé à ces aptitudes. Changer d’objectif peut refléter une meilleure connaissance de ce que la personne veut plutôt qu’un recul devant la difficulté.

La séparation devient utile au moment de s’engager. Une question demande si le résultat compte encore assez pour mériter du temps et des efforts. Une autre demande si la personne se fait confiance pour répondre à ce que la tentative exigera. Une réponse forte à la seconde ne devrait pas étouffer l’incertitude dans la première. Quelqu’un peut être pleinement en mesure de réussir et avoir malgré tout une bonne raison de choisir un autre but.