Un projet peut respecter son calendrier alors que la personne qui le conduit commence à soupçonner que la voie choisie est mauvaise. Le calendrier ne suffit pas à trancher ce soupçon. Le soupçon ne suffit pas non plus à trancher le sort du plan.

Une première impression peut apparaître avant que les faits disponibles soient complets. Un plan peut déjà contenir des risques identifiés, des réponses de rechange et des moments où de nouvelles informations seront examinées. La question porte sur ce qui doit se passer lorsque l’impression arrive la première.

Une autre voie peut déjà être préparée

Préparer un projet à l’incertitude suppose d’envisager certains problèmes avant qu’ils ne surviennent. Il est possible d’identifier des risques et de préparer une autre réponse pour chacun d’eux. Cette préparation change ce qu’exige une inquiétude intuitive.

Imaginons qu’une personne commence à douter d’une hypothèse qui soutient la voie actuelle. La première conséquence n’a pas besoin d’être un changement complet. La solution de rechange concernée peut être examinée. Il devient possible de vérifier si l’inquiétude correspond à un risque déjà envisagé, si l’autre voie reste compatible avec l’objectif et quelles informations permettraient de départager les deux options.

Des solutions préparées à l’avance limitent l’examen à ce qui est réellement concerné. Un doute sur une partie du projet n’a pas à devenir un jugement sur l’ensemble du projet. Il indique l’endroit précis du plan qui mérite peut-être une attention supplémentaire.

Les retours donnent un point de comparaison

Un plan qui reste ouvert aux retours peut être ajusté à mesure que les commentaires et les résultats arrivent. Cela compte lorsqu’une impression intuitive apparaît avant que le projet ait produit un résultat décisif. L’impression peut attirer l’attention sur une réaction de client, un problème technique, un changement de marché ou une autre partie du travail qui mérite d’être examinée de plus près.

Les informations suivantes peuvent affaiblir l’inquiétude. Elles peuvent aussi la soutenir. Dans les deux cas, elles apportent davantage qu’une décision fondée sur le premier ressenti seul. L’examen consiste à comparer ce ressenti avec ce que le projet produit et avec les risques qui avaient déjà été envisagés.

Cette manière de procéder évite aussi d’écarter une intuition uniquement parce qu’elle arrive tôt. Il n’est pas nécessaire de démontrer toute l’inquiétude au moment où elle apparaît. Il faut savoir quelle partie du plan examiner et quelles informations sont pertinentes pour cet examen.

Une partie seulement du plan peut devoir changer

La planification stratégique distingue l’objectif de long terme des tâches utilisées pour l’atteindre. Une nouvelle information peut donc justifier une modification à un endroit sans imposer une modification partout.

Une tâche peut être remplacée tandis que l’objectif reste le même. Une solution de rechange peut remplacer la méthode initiale sans modifier le résultat recherché. Si les retours indiquent que l’objectif lui-même ne convient plus à la situation, la révision peut aller plus loin. Le plan permet de circonscrire ce qui change.

Une inquiétude intuitive est particulièrement utile lorsqu’elle déclenche un examen avant que des efforts inutiles ne s’accumulent. Elle n’a pas besoin de prédire le résultat final. Elle doit orienter l’attention vers une question que la planification peut examiner à partir de faits, de retours et de solutions préparées. Si l’inquiétude est confirmée, la partie du plan touchée par la nouvelle information peut changer. Dans le cas contraire, le reste du travail n’aura pas été abandonné simplement parce qu’une première impression est apparue.