Avant même qu’un objectif soit formulé, certaines possibilités ont déjà été écartées. Certaines sont rejetées parce qu’elles ne présentent aucun attrait. D’autres peuvent disparaître parce que la personne suppose ne pas avoir les capacités nécessaires pour les atteindre. De l’extérieur, le résultat peut sembler identique. Aucun objectif n’est formulé. Aucun plan ne suit. Pourtant, l’objectif absent peut refléter un jugement sur les capacités plutôt qu’un jugement sur le désir. Le problème apparaît avant la planification. Il faut encore déterminer si la possibilité est indésirable ou simplement jugée inaccessible.

Une possibilité peut disparaître avant examen

Des croyances limitantes peuvent masquer une aspiration avant qu’elle devienne un objectif précis. Une personne peut ressentir une attirance pour un domaine, une activité ou une manière de vivre, puis traduire immédiatement cette attirance en pronostic de réussite. Si le pronostic est défavorable, la possibilité est écartée avant d’avoir été décrite assez clairement pour être examinée.

Considérons deux phrases. « Je ne veux pas faire cela » exprime une préférence. « Je ne pourrais jamais faire cela » exprime une croyance sur ses propres capacités. Elles peuvent conduire à la même décision aujourd’hui, mais elles ne contiennent pas la même information. La seconde laisse ouverte la question de l’attirance pour l’activité elle même. Les traiter comme équivalentes peut laisser l’estimation actuelle des capacités fixer la limite du désir.

Écrire sur ce qui aurait du sens, rester en silence avec une aspiration, se rappeler des intérêts plus anciens ou imaginer une vie idéale peut préserver une possibilité assez longtemps pour l’examiner. Aucun de ces exercices n’établit que cette possibilité est réalisable. Ils permettent de décrire le désir avant d’exiger un itinéraire pour l’atteindre. La personne peut alors demander ce qui l’attire dans cette possibilité sans devoir répondre immédiatement à la question de l’exécution.

Croire en ses capacités change ce que l’on tente

La confiance en ses propres capacités est associée à la prise de risque, au fait de sortir de limites familières et à la poursuite de l’effort malgré le doute ou la difficulté. Ces effets deviennent pertinents avant l’exécution lorsqu’une personne a écarté une aspiration parce qu’elle la croit hors de portée.

Une croyance plus forte en ses capacités ne prouve pas que chaque désir mérite d’être poursuivi. Elle change le statut d’une possibilité auparavant rejetée uniquement pour des raisons de capacité. Lorsque « je ne peux pas » perd une partie de son autorité, la personne peut examiner le désir sous jacent sans traiter son niveau actuel de confiance comme un verdict définitif. Le désir peut subsister, s’affaiblir ou disparaître. Chacun de ces résultats apporte davantage d’information qu’un rejet automatique.

La confiance soutient l’action. Elle n’établit pas qu’un objectif choisi a une signification personnelle. Le désir doit encore être examiné pour lui même. Une personne qui se sent nouvellement capable peut rester attentive à ses motifs au lieu de prendre sa confiance pour la confirmation que l’objectif est juste.

Laisser exister le désir avant de juger la voie

Inscrire une aspiration difficile sur une page ne constitue pas une promesse de la poursuivre. Cela conserve une possibilité à examiner. La personne peut demander ce qu’elle attend de cette réussite, quelles parties du désir viennent de l’activité elle même et quelles parties dépendent de la reconnaissance, de la sécurité, du statut ou d’une autre conséquence espérée. La réponse peut faire apparaître une influence extérieure. Elle peut aussi faire apparaître un intérêt authentique qui avait été enfoui sous une faible estimation de ses capacités.

Après cet examen, la confiance se rattache à un objet mieux défini. La personne peut demander si l’écart concerne les connaissances, l’argent, les compétences, le temps, une autorisation, la peur ou un autre obstacle concret. Certains écarts peuvent être réduits. D’autres peuvent rester décisifs. La personne a alors séparé deux jugements qui se confondent facilement. Désirer quelque chose et pouvoir l’obtenir sont liés lorsque l’action commence, sans être identiques au moment de la découverte.

Un désir qui subsiste après cette séparation peut encore être irréalisable. Il peut aussi constituer la première version sincère d’un objectif qui n’avait jamais été admis parmi les possibilités.