Plusieurs réponses plausibles peuvent convenir au même problème créatif. Un classement apporte peu tant que les possibilités n’ont rien d’explicite auquel répondre. Un objectif précis fournit ce repère. Il énonce le résultat recherché sans décider à l’avance de la forme de la solution. Le remue méninges reste permissif pendant la génération des idées, puis la sélection devient plus exigeante lorsque les possibilités sont comparées au résultat effectivement choisi. La personne dispose alors d’une base plus claire pour décider ce qui doit être accompli et, séparément, quelle proposition mérite davantage de travail.
Un résultat précis modifie la comparaison
La formulation d’un objectif transforme un désir général en résultat précis. Une formulation utile précise ce qui est recherché, le rend mesurable, vérifie sa pertinence et lui associe une échéance. Ces éléments comptent dans un travail créatif parce qu’ils resserrent la question sans fournir la réponse. Si une personne veut créer un produit, l’idée retenue est comparée au public visé, au résultat que le produit doit produire et au délai dans lequel le travail doit être achevé. L’objectif n’a pas besoin de décrire chaque caractéristique.
Un objectif vague laisse une plus grande part de la comparaison implicite. La nouveauté peut dominer une comparaison et la familiarité une autre. Un résultat précis permet de poser une question plus exacte. Quelle proposition correspond réellement à ce qui a été défini? La réponse peut rester incertaine, avec plusieurs propositions viables, mais le désaccord porte alors sur la relation entre une idée et un résultat formulé.
La précision laisse aussi de la place aux choix de conception qui n’ont pas encore été faits. Définir ce qui doit être obtenu n’oblige pas à décider immédiatement de l’apparence de la réponse, de la technique utilisée ou de la première version qui sera conservée. Ces jugements concernent encore les idées en comparaison.
Le remue méninges diffère le jugement
Le remue méninges commence par suspendre la critique et par noter des idées qui semblent d’abord irréalistes. La carte mentale place ensuite des possibilités liées sur une même surface afin d’explorer leurs relations avant de fixer une voie. Ces pratiques restent compatibles avec un objectif précis parce que l’ouverture concerne les propositions alors que le résultat recherché a déjà été formulé.
Cette séparation modifie le moment du jugement. Pendant la génération, une idée est conservée parce qu’elle ajoute une possibilité ou une relation. Pendant la sélection, cette même idée doit répondre à des exigences plus fortes. Sa relation avec l’objectif formulé devient explicite. Les éléments qui rendaient cet objectif pertinent restent à vérifier. L’idée doit aussi être assez claire pour soutenir une planification ultérieure. Une proposition écartée peut encore contenir une caractéristique ou une relation utile même si elle n’est pas retenue comme solution complète.
Un objectif précis garde l’étendue imaginative liée au travail entrepris. Plusieurs idées inhabituelles restent sur la page tant que leur statut demeure clair. Ce sont des possibilités examinées. L’investissement accordé à chacune sera décidé plus tard, après comparaison plutôt qu’au moment de la première génération.
La première version choisie reste provisoire
Après le choix d’une proposition, une autre forme de précision devient nécessaire. L’idée est décrite par des détails tels que ses caractéristiques, son public et son avantage distinctif. Un plan lui associe ensuite des moyens et des échéances. Un prototype apporte enfin des retours qui n’existaient pas lorsque l’idée n’était encore que sur le papier.
Les nouvelles informations modifient le jugement lorsqu’elles indiquent un décalage entre la proposition et le résultat recherché. Les retours sur un prototype peuvent signaler une caractéristique qui ne fonctionne pas comme prévu ou une mauvaise correspondance avec le public visé. La révision porte alors sur la proposition plutôt que sur tous les choix antérieurs. La personne continue à utiliser le résultat formulé comme point de comparaison pendant qu’elle modifie la version actuelle.
Une préférence ne termine pas à elle seule la sélection créative. Une idée préférée contient encore des hypothèses que le test examine. Si les observations soutiennent la proposition, la poursuite du développement dispose d’une base plus claire. Si elles indiquent un décalage, la version suivante traite directement ce décalage. Les deux décisions se rapportent au même objectif même si la réponse créative change.
