Un objectif lointain crée une difficulté particulière. Le travail se fait maintenant alors que le résultat qui pourrait le justifier peut rester absent longtemps. C’est là que la persévérance est facile à mal comprendre. S’arrêter à la première difficulté abandonne l’objectif avant d’avoir suffisamment appris. Répéter la même action qui a échoué ignore les informations produites par le revers. Une réponse plus solide maintient l’effort tout en obligeant la tentative suivante à tenir compte de ce qui s’est passé. Les objectifs intermédiaires rapprochent des points d’accomplissement. L’examen d’un échec oblige à demander ce qui a échoué, ce qui doit changer et ce qui mérite une nouvelle tentative.
Travailler sans réponse finale
Continuer n’oblige pas à préserver chaque méthode. Une personne peut rester attachée au même objectif tout en changeant la manière de le poursuivre. Cette différence compte surtout lorsqu’une tentative produit de mauvais retours.
Prenons une campagne publicitaire qui ne fonctionne pas. Continuer à dépenser pour la même campagne malgré des retours négatifs préserve l’activité, mais pas la qualité du jugement. Une autre réponse consiste à examiner les réactions, essayer une autre approche et comparer le résultat. L’objectif demeure présent tandis que la méthode doit répondre aux informations disponibles.
La persévérance ne se réduit donc pas à la durée. Le temps consacré à une approche inefficace ne gagne pas en valeur simplement parce qu’on lui a déjà consacré beaucoup de temps. Après un revers, la question porte sur la raison qui justifie de modifier la tentative suivante.
Rapprocher le prochain accomplissement
Les grands objectifs placent la récompense finale loin du travail qui doit être accompli aujourd’hui. Des objectifs intermédiaires réduisent cette distance. L’exemple du marathon l’explique simplement. L’entraînement peut être organisé autour d’une course plus courte comme un 5K, puis un 10K, avant de tenter le marathon complet. Chaque étape achevée donne un résultat qui appartient à l’effort global sans faire croire que l’objectif final est déjà atteint.
Une routine peut jouer un rôle comparable lorsqu’elle réserve une place définie au travail. Le contenu propose de consacrer une heure par jour à la pratique d’une compétence ou à l’avancement d’un projet. Cette heure ne prouve pas que l’objectif plus large sera atteint. Elle crée une occasion répétée d’accomplir le travail prévu pour cette période puis d’y revenir.
Le petit objectif change ce qui peut être accompli aujourd’hui. Le résultat lointain ne porte plus seul tout le poids de la motivation. Il existe quelque chose de plus proche à terminer, examiner et poursuivre.
Après un revers, examiner la tentative
Un échec crée un travail supplémentaire après la tentative qui vient d’échouer. Il faut examiner la suite des événements avec assez de précision pour repérer où la tentative s’est dégradée. L’examen d’un projet peut reprendre les étapes suivies, les points d’échec et les améliorations susceptibles de modifier une tentative ultérieure. Des collègues ou des mentors peuvent ajouter des points de vue que la personne directement impliquée n’avait pas envisagés.
Le plan suivant doit utiliser ce que cet examen a produit. Si une action marketing échoue, les données recueillies et les retours peuvent guider des actions différentes. L’échec n’acquiert pas automatiquement de la valeur. Son utilité dépend de ce qui est appris et repris lors de la tentative suivante.
Un journal de persévérance applique la même discipline sur une période plus longue en gardant ensemble les objectifs, les obstacles, les réponses apportées et les résultats. Lorsqu’une autre difficulté apparaît, la personne ne dépend pas uniquement de sa mémoire ou de sa détermination. Elle dispose de l’historique de ce qui a été essayé, de ce qui s’est produit et de ce qui demande encore une autre réponse.
